jeudi 1 septembre 2011

1er septembre

Les odeurs d’herbes mouillées et pourries, de figues, de mousses et de champignons assaillent mes narines.

Il est 7 h 40 et le soleil est déjà haut dans le ciel.

Ce matin, j’accompagne Léonore à l’école à pied. C’est la rentrée de septembre.

Entre bois et rizières, maisons basses aux larges toits de tuiles et jardins clos, nous trottinons derrière les enfants aux chapeaux jaunes.

Quelques adultes, aux yeux si fermés et plissés qu’il m’est difficile d’apercevoir leurs prunelles et de savoir si cela est du à la forme naturelle de leurs yeux asiatiques ou au manque de sommeil, à moins que ce soit l’éblouissement du soleil qui écrase déjà la nature, se tiennent au passage piéton. Ils lancent des « ohaio gozaimasu » retentissant qui obligent à répondre tout aussi énergiquement.

Nous trottinons et, de tous les chemins, jaillissent des enfants en uniformes blanc et marron coiffés d'un chapeau jaune, la marche alerte, courant presque vers l’école. Leur cartable bringuebalant sur le dos, un bras chargé des sacs contenant chaussons et chaussures de gym, l’autre agitant un parapluie, la gourde battant les mollets.

Je laisse Léonore devant l’école avec l’énorme cirque qu’elle a fabriqué pour l’exposition de l’école. Nous avons fait presque tous les devoirs de vacances, restent encore quelques feuilles de kanjis.

Je remonte à la maison. Les ruelles, envahies d’enfants il y a quelques minutes, sont désormais vides.

Je croise quelques travailleurs agricoles, gantés et portant des chapeaux à larges bords qui marchent le dos courbés le long des rizières. Le riz est à 1m , les pieds noyés dans l’eau, recouverts par les feuilles des lentilles d’eau.

Le bruissement du vent dans les roseaux, le crissement des cigales, et de temps à autres le croassement d’un corbeau se mêle parfois au son d’un transistor. Il parle sans doute encore de Fukushima et du récent départ du ministre Naoto kan.

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