jeudi 1 mai 2008

Konitchiwa !

Nous avons atterri à Osaka le 1er mai. C’est fascinant comme le dépaysement est presque aussi intense que la première fois ! Les odeurs de mousse et d'azalées, l’humidité chaude de l’air, les bruits de la rue, les ritournelles des magasins, les lumières des villes, le cris des oiseaux : rien n'est familier …

Nous sommes logés temporairement dans un appartement à Kashiba, une toute petite ville un peu perdue dans la montagne, à l’est d’Osaka. Je dois dire que les premiers temps sont spartiates et à part nos futons posés sur les tatamis et un ordinateur (connecté en fibre optique avec un débit inimaginable en france !), l’appartement est absolument vide !


Resolution 1 : acheter un frigo et un lave linge et tenter la méditation zen ;-)


Comme tout compte fait, je ne suis pas très douée pour le Zen , je passe mal de temps à essayer de découvrir les magasins de la région pour nous meubler. Ce qui n’est pas évident sans voiture ...


Resolution 2 : acheter une voiture et changer de maison


Nous nous sommes donc rapidement mis en quête d'un nouveau toit. Nous avons décidé d'habiter à Oji, une ville près de l'université où travaille Yannick. Elle est connue pour être un nœud ferroviaire au cœur du Kansai et dessert toutes les villes de la région ( Nara, Osaka, Kyoto, et Koya--San).


Nous avons trouvé une maison construite sur pilotis, à flanc de montagne, qui surplombe la vallée de la Yamato river. Elle a un plan assez original (triplex descendant ?) avec en bas des chambres donnant sur une grande terrasse. Elle est percée de fenêtres et nous avons beaucoup aimé sa grande vue sur la plaine et les montagnes (chose assez unique ici ). La terrasse est elle même sur pilotis, appuyée sur 4 pylones d'une dizaine de mêtres juste devant une forêt de bambous . Son unique arbre est en fait la cime d'un grand ! planté 10 mètres en dessous…

Nous devrions déménager d’ici 15jrs . Restera à la meubler mais je commence à prendre l'habitude...


En attendant, je redécouvre les plantes japonaises et mes recettes de cuisine à base de miso shiru, tofu, wasabi, nouilles sautées, sauce soja, patates douces, shiitake, racines de fleur de lotus, poissons crus, sushis et autres spécialités japonaises. Je suis notamment une experte du Nabé de foie de volaille et du porc au gingembre. Je regrette ceci dit parfois mon «panierpaysan.com » provençal (il livre à Paris je vous le rappelle - c’est dément !)


Nous rencontrons régulièrement avec les enfants, les mamans du parc à coté de chez nous. Elles sont fascinées par les yeux bleus et verts des enfants et nous constituons visiblement l’attraction du mois ! L’une d’entre elle a habité New York et joue la traductrice ce qui m'est précieux ! Moi je me bats avec mes rudiments de japonais. resolution 3 : reprendre des cours de japonais !


J’ai relu l’éloge de l’ombre de Tanizaki, qui évoque admirablement l'art de vivre japonais qui s’épanouissait il y a peu : dans l’amour du clair obscur, la magie de l’ombre, les matières mates comme la laque noire, le bois, l’argile. A l’image de leur papier japonais qui emprisonne la lumière. A l’image du maquillage des geishas qui se révélait dans la pénombre.


C’est amusant comme le Japon d’aujourd’hui arrive à faire coexister dans la même rue, néons, enseignes fluos, musiques et lumières hyper agressives, avec au coin d’une rue un petit temple hors du temps avec ses shojis, ses tatamis, son jardin zen.